La Petite Roer
 

 

Située à Sourbrodt, à proximité des Hautes-Fagnes, la réserve naturelle agréée de la Petite Roer est sans doute le fleuron de lʼassociation. En effet, ce milieu humide abrite une faune et une flore qui en font un site incontournable pour le naturaliste. On notera sur ces terrains une douzaine de couples de tariers des prés, qui justifient à eux-seuls la protection de lʼendroit. Ce milieu est aussi fréquenté par les pie-grièches grises et écorcheurs, la cigogne noire, etc.

Coincée entre les Hautes-Fagnes et le camp militaire d'Elsenborn coule une rivière pas comme les autres : la Petite Roer.
Elle prend sa source dans les prairies humides de Sourbrodt, et non dans les tourbières acides du haut plateau. Ses eaux sont donc beaucoup moins acides que celles des rivières fagnardes. Sa grande sœur, la Roer, coule non loin mais ses eaux noires au pH très bas sont bien plus pauvres.

 

   

Ci-dessus : la renouée bistorte est bien présente dans la vallée et, en été, l'angélique des bois prend la relève. Photographies : ©Frank Renard

 
Sur son parcours, la Petite Roer est bordée principalement d'anciens prés de fauche humides. Dans ceux-ci s'égayent de nombreuses plantes telles que la renouée bistorte, la valériane officinale, mais aussi la linaigrette vaginée et d'autres espèces plus fagnardes. Mais la star incontestée du site est un petit passereau insectivore : le tarier des prés. Cette espèce connaît un déclin dramatique un peu partout en Europe occidentale suite à l'intensification de l'agriculture. Sa seule présence en dit long sur la qualité exceptionnelle du lieu ; il s'agit d'une espèce parapluie*. Dans notre réserve, il trouve encore tous les ingrédients nécessaires à sa reproduction, c'est-à-dire beaucoup d'insectes dans de grands prés humides parsemés de perchoirs. Les tiges séchées des angéliques abondent sur le site et font office de poste de guet. La grande richesse floristique assure la diversité et la quantité d'insectes. Derrière ce tarier des prés se cachent bien d'autres espèces rares. Venez les découvrir depuis le sentier qui longe la réserve!


Pas étonnant donc que cette vallée unique d'environ 34 hectares ait acquis le statut de réserve naturelle agréée en 2012. Cette protection assure la pérennité du site et de sa biodiversité. Enfin... pas tout à fait. Sans gestion, les graminées et les arbustes prendraient doucement le pas sur les plantes à fleurs qui sont la base de cette diversité remarquable. La gestion est donc assurée depuis quelques années par des vaches et des chevaux rustiques. Les terrains les plus secs sont fauchés en automne, tandis que les plus humides servent de zones refuges et ne font l'objet d'aucune intervention.


*Le concept d'espèce parapluie vise à concentrer des actions de conservation sur une espèce en misant sur le fait que tout un cortège d’espèces associées bénéficiera de l’opération.

 

     

Le bruant des roseaux, la locustelle tachetée et le tarier des prés, joyaux de notre réserve. Photographies : ©Frank Renard